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L'arrêt cardiaque frappe plus la nuit

MÊME au cœur d’un hôpital, la rapidité d’intervention nécessaire module les chances de survie.



Il ne fait pas bon faire un arrêt cardiaque, même quand on est traité dans un hôpital. Moins encore lorsque cela arrive la nuit ou le week-end.

C’est le cas aux Etats-Unis, selon une étude publiée cette semaine dans le journal de l’American Medical Association (Jama). Mary-Ann Peberdy et ses collègues ont passé au scanner la prise en charge de 86.748 cas d’arrêt cardiaque en milieu hospitalier, le tiers s’étant déroulé durant la nuit ou le week-end. Les chercheurs mettent en évidence des différences importantes selon l’heure où se produisait l’arrêt. Ainsi, seul 14,7 % des patients survivent à l’arrêt la nuit au lieu de 19,8 % des patients qui y ont été confrontés le jour. De la même manière, le retour d’une circulation sanguine spontanée d’une durée dépassant 20 minutes s’est produit chez 51,1 % des patients de jour contre seulement 44,7 % de nuit. La survie à 24 heures est aussi contrastée : 28,9 % contre 35,4 %, ainsi qu’un bilan neurologique favorable : 11 % contre 15 %. Par contre, la survie était comparable la nuit de semaine et de week-end. « Le principal enseignement est que le taux de survie est plus bas la nuit et les week-ends, même quand on tient compte des critères liés aux patients, aux événements liés à l’arrêt et les facteurs liés à l’hôpital », écrivent les auteurs. Qui concluent que les mécanismes qui expliquent ce taux de survie décroissant durant la nuit sont multifactoriels, combinant des différences biologiques entre les

patients, mais aussi des différences de prises en charge de la part du staff de l’hôpital, ainsi que des facteurs opérationnels, comme le nombre de lits monitorés, etc.

15 h, la meilleure heure
Les auteurs soulignent que les arrêts cardiaques de nuit étaient moins monitorés ou bénéficiaient moins de témoins directs. La « meilleure heure » pour avoir un arrêt cardiaque est 3 heures de l’après-midi, la pire étant… 3 heures du matin. Les différences entre jour et nuit se creusent lorsque l’événement se déroule en salle de réveil après une anesthésie ou après la pose d’un cathéter. Par contre, les taux de décès ne varient pas quand le patient est pris en charge par le service d’urgence.

« Ces données suggèrent qu’il faut travailler sur les systèmes de réanimation disponibles la nuit et les week-ends afin d’améliorer les chances des patients », concluent les auteurs. Ils soulignent que davantage d’erreurs médicales se produisent de nuit « où des équipes réduites à cause de la diminution des procédures de soins sont parfois composées de personnels moins expérimentés, dont la performance physique et psychologique est en diminution ».

FREDERIC SOUMOIS , LE Soir

samedi 23 février 2008, 09:36


Lundi 17 Mars 2008
Julien Stievenart
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