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Les Canadiens mangent plus léger mais sont plus lourds



Depuis 30 ans, les Canadiens ont réduit de 44% leur consommation de beurre. Ils ont massivement délaissé le lait homogénéisé à 3,25% de matières grasses, boivent moins de bière, utilisent beaucoup moins de sucre raffiné. Le résultat? Le nombre de calories absorbées quotidiennement a monté en flèche.

«C'est épeurant», constate la nutritionniste Nathalie Jobin à la lecture des données sur la consommation des aliments dévoilées hier par Statistique Canada. Ce rapport annuel met le nez dans l'assiette des Canadiens. Au premier coup d'oeil, les nouvelles semblent bien bonnes: la consommation de sucre a graduellement diminué depuis 10 ans. Si on compare les données de 2005 avec celles de 1976, on constate que les Canadiens préfèrent désormais les laits moins gras et qu'ils ont diminué leur consommation de viande rouge au profit de la volaille, le poulet étant leur préféré.

Les chiffres traduisent bien l'évolution de l'alimentation au pays. Les Canadiens ont mangé en moyenne plus de 7 kg de riz l'année dernière, par rapport à 2kg il y a 30 ans. Ils ont aussi mis plus de légumes dans leur assiette et ont mangé, en moyenne, 133 kg de fruits chacun l'année dernière, une quantité record. Comment expliquer alors qu'au bout du compte, les Canadiens consomment en moyenne, chaque semaine, environ 2000 calories de plus aujourd'hui qu'il y a 30 ans?

«La notion de quantité a été perdue, explique Nathalie Jobin, directrice de la nutrition pour le groupe Extenso, un centre de référence sur l'alimentation affilié à l'Université de Montréal. Nous vivons dans un environnement très obésogène, où le nombre de calories disponibles est énorme. Il y a des aliments disponibles tout le temps, partout.»

Quant à l'utilisation moindre de sucre raffiné et de beurre, elle ne vaut rien si elle est compensée par autre chose, dit cette spécialiste. «Les gens consomment plus de produits allégés, dit Nathalie Jobin. Ce sont des aliments qui contiennent moins de sucre, mais pas nécessairement moins de calories.»

L'autre piège des aliments «diète», explique la nutritionniste, est que ceux qui en achètent ont tendance à en manger plus, justement parce qu'ils sont sans sucre. Au bout du compte, plutôt que d'avoir mangé deux biscuits aux brisures de chocolat à 100 calories chacun, ils auront mangé la moitié d'une boîte de leur version allégée.

Cette augmentation des calories absorbées quotidiennement, jumelée à notre mode de vie de plus en plus sédentaire, explique la hausse inquiétante du taux d'obésité.

«On fait du surplace: on améliore l'alimentation, mais on mange trop, calcule aussi la nutritionniste Guylaine Guèvremont. Plus de 300 calories de plus par jour. C'est énorme.»

Il faut, théoriquement, absorber 3500 calories de trop pour gagner une livre. Tout cela dépendant, bien sûr, des activités physiques de chaque individu.

Plus que tout, la nutritionniste déplore la pression sociale qui entoure maintenant la saine alimentation. Une pression qui, elle, n'est pas saine du tout. «C'est devenu quasiment une religion de manger santé», lance Guylaine Guèvremont, qui s'apprête à écrire un livre sur le sujet.

Le problème, explique-t-elle, est que dans le tourbillon d'informations sur l'alimentation, devant les tablettes du supermarché, le consommateur est parfois perdu. Alors plutôt que de remplacer la petite collation de l'après-midi par un fruit, on l'ajoutera.

Le lait perd-il des adeptes ?

Les chiffres révélés hier par Statistique Canada montrent aussi une baisse de consommation du lait. «La consommation annuelle de lait a reculé de 1,9 % en 2005 pour s'établir à 62 litres par personne», peut-on lire dans le rapport canadien. La directrice du marketing de la Fédération des producteurs de lait du Québec explique cette statistique: «La population vieillit et consomme ses produits laitiers autrement», dit Nicole Dubé.

Effectivement, globalement, la consommation de fromage, de crème et de yogourt a augmenté depuis 30 ans. Seule la crème glacée perd des adeptes: au sommet de sa popularité, en 1981, chaque Canadien en mangeait 12,5 litres par année. La consommation a tranquillement fondu de quatre litres pour atteindre 8,5 litres l'année dernière.

L'année dernière, les canadiens ont consommé, en moyenne ...

- 92 litres de café

- 80 litres de bière

- 30 kg de poulet

- 84 litres de lait

- 62 litres de thé

- 187 oeufs

- 2,5 kg d'arachides

- 6,4 kg de crème glacée

- 14 litres de vin

Vendredi 2 Juin 2006
Cyberpresse Canada
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