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Les diabétiques et alcooliques succombent plus au CHIK

Le point épidémiologique révèle que la situation est toujours stable avec un nombre hebdomadaire de malades autour de 3 000. Ce qui porte à 248 000 le nombre total de personnes qui ont été infectées par le chikungunya. Le nombre de morts s’élève quant à lui à 207. L’Inserm vient de rendre son analyse sur ces décès. Elle confirme la surmortalité liée au CHIK et apprend que le diabète et l’alcoolisme sont les facteurs aggravants du chikungunya les plus recensés sur les certificats de décès.



Sur le front du chikungunya, toujours pas de nouvelles réjouissantes. La cellule interrégionale d’épidémiologie de la Réunion-Mayotte (Cire) annonce qu’entre le 17 et le 23 avril, 2 700 nouveaux malades ont contracté le CHIK. Un chiffre qui est généralement réhaussé de 20 %, après consolidation des données. Auto-déclarations au numéro vert, passages aux urgences hospitalières, arrêts de travail, déclaration de médecins... Tous les indicateurs permettant d’étudier la courbe épidémique sont à la baisse. L’épidémie n’en reste pas moins stabilisée autour de 3 000 nouvelles contaminations par semaine depuis un mois. “Cela montre que le niveau de transmission du chikungunya reste élevé sur l’ensemble de la Réunion, analyse la Cire. Or, la dynamique de l’épidémie dépendant en grande partie de la transmission vectorielle, il convient donc de rester prudent sur les évolutions ultérieures de l’incidence de la maladie. Il faut rappeler avec force l’importance d’adopter des comportements individuels de prévention et de protection.” Au total depuis le début de l’épidémie, 248 000 personnes ont été infectées par le virus et 207 personnes en sont mortes, dont 121 directement.

EN FÉVRIER, 100 MORTS DE PLUS À CAUSE DU CHIK

Le Centre d’épidémiologie des causes médicales de décès (CépiDc), un service de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vient justement de rendre publique une étude portant sur ces certificats de décès. Tout d’abord, les résultats concordent avec ceux de l’Institut national de Veille sanitaire (InVs) sur la surmortalité liée au CHIK. Le CépiDc confirme une absence de surmortalité à la Réunion pour l’année 2005 et un excès de mortalité pour les mois de janvier (+ 7,1%, + 25 morts), de février (+ 34,4%, + 100 morts) et de mars 2006 (+ 25,2%, + 76 morts). “Il est donc hautement probable que l’excès de mortalité observé à partir du 23 janvier soit lié au chikungunya, dans la mesure où celui-ci est concomitant de la progression rapide de l’épidémie”, conclut l’étude. Dans un deuxième temps, le CépiDc a analysé à la loupe les 125 certificats de décès où figuraient le CHIK et que les médecins leur ont envoyé entre les mois de janvier et février. Il en ressort que deux tiers des décès concernent des personnes de plus de 65 ans, dont un quart a plus de 85 ans, sans distinction de sexe.


“LE DIABÈTE EST UN FACTEUR AGGRAVANT”

Il faut savoir que ces 125 décès mentionnant le virus représentent 14% de l’ensemble des décès des 2 premiers mois de l’année. Enfin, il est révélé que le chikungunya apparaît le plus souvent dans les certificats mentionnant des causes de décès en rapport avec des maladies endocriennes (essentiellement le diabète) et hépatiques (atteintes au foie, souvent provoquées par un terrain alcoolique). Sur les 125 certificats, les médecins ont estimé que pour 67 d’entre eux, le chikungunya était directement responsable de la mort du patient, dont 43 n’indiquent pas d’autres pathologies (exemple : le virus peut conduire à une pneumopathie et à une détresse respiratoire). Sur ces 67 certificats où le CHIK est imputable directement au décès, on en enregistre 40% où le patient était diabétique. “Il y a une association très forte entre état diabétique et chikungunya, explique Eric Jougla, chercheur et directeur du CépiDC. La corrélation entre les deux facteurs (CHIK et diabète, ndlr) a sûrement joué un rôle dans les décès. C’est sûr que le diabète est un facteur aggravant mais on ne peut pas savoir si ces personnes seraient quand même mortes si elles n’étaient pas diabétiques.” Les personnes diabétiques et alcooliques sont donc plus vulnérables au virus et succombent plus que les patients atteints d’autres pathologies. Une information inquiétante quand on connaît le nombre de ces malades à la Réunion.


Samedi 29 Avril 2006
Clicanoo, le journal de l'Ile de la Réunion
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