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Parkinson : une nouvelle piste thérapeutique

Un médicament banal de l'hypertension pourrait ralentir la progression de la maladie.



Le Pr. James Surmeier, qui exerce à la Northwestern University de Chicago, est depuis plusieurs années le champion d'une nouvelle théorie qui expliquerait complètement comment les neurones meurent dans le cerveau des malades parkinsoniens, et surtout comment empêcher cette progression. Il a publié dimanche, dans Nature, un article qui fait le point sur cette étrange maladie. Depuis un demi-siècle, on sait que les neurones producteurs de dopamine (un neurotransmetteur) dans une zone profonde de la substance noire, au milieu du cerveau, meurent progressivement. C'est le manque en dopamine qui est responsable des symptômes moteurs dont les malades sont victimes. Mais pourquoi ces neurones meurent-ils ? On a accusé les mitochondries (ces usines de la respiration des cellules), l'accumulation des radicaux libres, les gènes. Mais les études génétiques des formes familiales de la maladie n'ont pas permis de trouver des mutations génétiques dans les cellules à dopamine touchées par la maladie commune. La perte de la dopamine n'étant qu'un symptôme de la maladie des neurones dopaminergiques, quel en est donc le secret mécanisme ?

D'autres canaux ioniques

Travaillant chez la souris, James Surmeier, qui avait précédemment établi que la production de dopamine par les neu- rones se fait grâce à un « pacemaker » autonome, a d'abord dé- montré que cette activité est contrôlée par des canaux ioniques spécifiques dans la membrane. Ceux-ci contrôlent l'en- trée et la sortie de l'ion Calcium. Or, un des facteurs importants de la mort cellulaire de ces neurones c'est justement l'irruption massive de calcium intracellulaire, qui étouffe peu à peu la cellule en arrêtant la production de protéines. C'est un cercle vicieux : le pacemaker cellulaire a besoin de calcium pour fonctionner, mais trop de calcium finit par stopper le pacemaker.

Et si, s'est demandé James Surmeier, on parvenait à faire fonctionner la cellule grâce à d'autres canaux ioniques, qui règlent l'en-trée du sodium ? Sur des coupes de cerveau de souris maintenues en survie, l'équipe de Chicago a fait agir un agent qui bloque spécifiquement les canaux calciques (de l'israpidine), tout en mesurant l'activité électrique des neurones. Au bout de 30 minutes de ce traitement, les neurones dopaminergiques sont réduits au silence électrique complet.

Mais, stupéfaction : environ une heure après ce blocage, des pics d'activité électrique autonome, irréguliers, sont détectés dans plusieurs neurones. Et après plusieurs heures, presque tous les neurones ont retrouvé une activité « pacemaker » normale tant en fréquence qu'en régularité. Sauf que ce sont désormais les pompes à sodium et non plus les canaux calciques qui sont à l'origine de cette activité électrique. « C'est un exemple fascinant de plasticité » du vivant, écrit James Surmeier.

Poursuivant son investigation, le chercheur a ensuite soumis les tranches de cerveau à un pesticide, la rotenone, qui provoque expérimentalement la mort des neurones du Parkinson. Mais il avait « protégé » préalablement les spécimens avec l'agent anticalcique qui les « rajeunit ». Avec des résultats très encourageants. Un essai clinique humain avec ce banal antihypertenseur devrait bientôt démarrer aux États-Unis sur 100 parkinsoniens.

Mardi 12 Juin 2007
J-M. BADER pour Le Figaro.fr
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